Dans cet article, on passe assez rapidement en revue le montage son, le mixage et ce, pour un film sans budget.
Cet article est dans la continuité logique du montage image.

En théorie, vous avez suivi notre précédent article sur le montage image. Vous savez que le montage son correspond, pour nous, à notre étape 6.
Pourquoi pour nous ?
Disons que les gros studios de production travaillent sur des médias hors ligne, ou médias proxy. Autrement dit, des fichiers compressés, de moins bonne qualité, afin de pouvoir avancer rapidement sur les différents montages. En cours de route, les fichiers proxys sont remplacés par les fichiers originaux de meilleure qualité et, ce sont donc des étapes supplémentaires.
Le montage sonore intervient donc en toute fin de production, avec ce procédé. Ce qui n’est pas le cas chez nous car le (la) monteur(euse) image est souvent aussi chargé(e) du montage son.
Montage son
C’est comme pour notre article précédent. Il s’agit de monter le son. Compliqué.
Les différentes étapes du montage son
Dans ce paragraphe, on passe en revue les différentes étapes nécessaires au bon montage sonore.
Étape 1 : Vérifier les synchronisations
Même si le son semble, à première vue, correctement synchronisé. Il est indispensable d’en faire une vérification, plan par plan. Une désynchronisation en changeant de plan, de prise arrive plus rapidement qu’on ne le souhaiterait.
Si une désynchronisation a lieu, on resynchronise. On s’aide au moyen du clap et, quand la situation est périlleuse, trop compliquée pour s’aider du clap, on s’aide des consonnes dites labiales. Autrement dit, on synchronise la piste audio à l’image avec le dialogue, notamment les [b],[m] et [p] quand les lèvres de l’acteur(trice) se touchent.
On peut aussi se risquer avec les consonnes dentales ([f] et [v]) qui se caractérisent à l’image par les dents du haut contre la lèvre du bas.
Ces repères sont généralement utilisés pour synchroniser les bandes rythmos lorsqu’il faut réenregistrer les dialogues en studio. Ils peuvent vous être utiles en cas de désynchronisation.
Étape 2 : Harmoniser, partie 1.
Dans cette première partie, vous vous assurez que les dialogues sont tous au même niveau sonore, surtout au sein de la même scène. Vous évitez ainsi qu’un acteur se mette soudainement à parler plus fort d’un plan à l’autre, puis moins fort, dans le plan suivant.
C’est le moment où vous coupez ces parties parfois parasitées par des bruits de bouches, des mouvements des acteur(trice)s lorsque les micros sont trop proches des vêtements… et où vous commencez à combler ces trous grâce àl’ambiance (ou Room Tone). Par ailleurs, pensez à enregistrer plus long qu’une simple minute d’ambiance.
Étape 3 : Harmoniser, partie 2.
Dans cette partie, une fois que vous êtes satisfait(e) de la première harmonisation, que les dialogues sont cohérents, vous commencez un prémixage. C’est la partie dans laquelle vous allez commencer à égaliser les voix, à les compresser — quand c’est nécessaire —.
Égalisation et compression, qu’est-ce que c’est ?
Le Compresseur est un processus automatique qui, selon le réglage, va limiter le niveau de sortie maximale et, dans le même temps, augmenter les parties sonores les plus basses.
The compression permet de contenir les écarts audios entre les parties les plus bruyantes et celles qui le sont moins. Beaucoup moins.
L’égaliseur est aussi un processus partiellement automatisé qui permet de corriger, modifier, altérer le timbre audio. Grâce à l’égaliseur, on peut corriger certaines fréquences spécifiques d’une piste audio, afin d’en faire sortir les voix, ou l’ambiance.
Étape 3a : Harmoniser, partie 2. Conclusion.
Le but de cette étape est de combler absolument tous les trous d’ambiance dans le but d’obtenir une continuité sonore sur les différentes scènes. Pour l’instant, ce montage sonore s’effectue séquence par séquence et non pas globalement.
Étape 4 : Effets sonores et bruitages.
Dans cette partie, il faut initialement mettre en sourdine les dialogues puis commencer à ajouter les effets sonores et bruitages au moment où ils correspondent le mieux dans le film.
Notamment, quand ils sont manquants. Quand ils sont directement présents sur les bandes enregistrées, il faut alors retravailler la compression et l’égalisation.
Les bruitages et effets sonores en place, on peut éventuellement recourir à l’égalisation et à la compression afin de bien faire ressortir ces éléments.
Étape 5 : Musicalisation, composition originale.
Si vous êtes chargé(e), en plus, de la composition musicale ou bien de l’acquisition des pistes musicales, c’est le moment où l’on s’y met avant de l’intégrer.
Cette fois-ci, on met toutes les pistes en sourdine puis on ajoute la musique. On compresse et égalise si nécessaire – bien que cela soit, en général, déjà fait –, par la suite on se prépare pour l’étape finale.
Où trouver de la musique ?
On fait une petite pause musicale. Vous avez besoin de trouver de la music ? Vous ne savez pas où chercher ?
Soit vous avez des amis musiciens qui acceptent de vous faire de la musique, ou de vous fournir des morceaux. Vous êtes chanceux.
Ainsi, je vous propose quelques liens que j’ai pu utiliser pour divers projets. (Tous payants)
— Artlist.io : qui vous propose de la musique libre de droits mais dont vous devez vous acquitter d’une licence.
— Musicbed.com : comme au-dessus.
— Filmstro.com : pour ma part, l’un des meilleurs. Moyennant le paiement d’une licence, ce petit logiciel vous permet de caler votre musique en fonction de votre montage et de votre histoire, grâce à de petits curseurs.
— Audiio.com : l’un des plus chers que j’ai pu utiliser, mais également le plus qualitatif. Parfois, une bonne musique vaut mieux que vingt mauvais morceaux gratuits.
Étape 6 : Mixage
Cette fois-ci, on sort toutes les pistes de la sourdine. Normalement, c’est la cacophonie et c’est une bonne chose.
Il est temps de procéder au mixage final afin que tout ce brouhaha devienne quelque chose.
Cette partie s’effectue à l’oreille, et sur des enceintes ; on évite le casque, sauf à investir dans un casque professionnel, dit de studio. En effet, les casques sont réputés pour faire une mauvaise restitution de l’audio global et vous n’avez pas le droit à l’erreur. Un mauvais son, c’est un mauvais film.
Le mixage n’est pas quelque chose qui s’apprend mais qui s’expérimente. Si ça sonne bizarre alors, ça l’est. Corrigez, encore et encore. L’ensemble doit sonner harmonieusement, les dialogues doivent être parfaitement audibles, les ambiances doivent accompagner, comme les bruitages et autres effets sonores. La music, elle, renforce l’émotion transmise par l’acteur(trice) et par votre montage.
Le mixage, contrairement aux étapes précédentes, concerne l’intégralité du film comme un seul ensemble.
Mais prenez garde ! Vos oreilles s’habitueront vite à votre mix. Faites régulièrement des pauses et ne surcorrigez pas.
Quelques valeurs
Pour vous aider dans votre mixage final, je vous mets à disposition quelques valeurs à viser pour harmoniser votre mixage.
L’ensemble du mix ne doit pas dépasser les -6db, on préférera viser des valeurs entre -14db et -8db.
Pour les dialogues, on visera des mesures entre -10db and -16db.
Pour la music, on essaiera de se caler entre -18db and -24db.
Les effets sonores seront placés sur un assez grand ensemble de : -20db à -8db, avec des pics pour les effets les plus bruyants qui pourront ponctuellement atteindre les -6db.
Vérifiez toujours le VUMÈTRE, pour fixer vos niveaux.
Quels logiciels ?
Davinci Resolve a une fenêtre dédiée au montage son et au mixage, c’est quelque peu impressionnant mais ça peut faire l’affaire.
Premiere d’Adobe, sinon Audition — je crois — sont adaptés à ce travail.
Final Cut Pro X and Final Cut peuvent suffire au montage sonore et au mixage.
Reaper, gratuit pendant une certaine période, puis payant. Logiciel dédié au montage sonore et au mixage, très impressionnant and déconcertant.
Conclusion
Cet article ne respecte pas réellement la contrainte du no-budget, à cause du petit encarté musical. Mais, la musique c’est important et, si je recommandais à tous mes lecteurs d’utiliser la musique gratuite que fournit YouTube, les spectateurs d’internet se retrouveraient à regarder des films qui partagent tous la même musique.
Comme je l’expliquais au tout début de ce guide, réaliser un film sans budget est mission impossible. La music, les effets sonores sont beaucoup trop importants pour être laissés au second plan, pour être de mauvaises qualités.

